La musique de Britney Spears : outil de torture à Guantanamo ?

Eminem, Elmo, Britney Spears Kevin Mazur/Getty Images

Qu'en est-il de ces rock stars qui se plaignent que leurs chansons aient été utilisées sur les prisonniers de Guantanamo ? Comment peut-on parler de "torture" dans le cas d'une chanson de Britney Spears ?
—April, Texas

Chère personne qui n'a jamais écouté une chanson de Britney Spears : il y aurait beaucoup à dire.

Il est vrai que des musiciens comme Pearl Jam, R.E.M. et Trent Reznor, entre autres, ont réagi à la nouvelle selon laquelle leur musique aurait été utilisée sur des détenus de Guantanamo Bay. "Le fait que la musique que j'ai créée ait été utilisée pour des crimes contre l'humanité me dégoûte", a déclaré Tom Morello la semaine dernière.

Précisons que selon des experts, parler de "torture" est un terme un peu fort dans le cas des pratiques en question, nous n'utiliserons donc plus ce terme. Nous dirons plutôt "donner envie aux prisonniers d'aller chez Britney, de se garer devant chez elle et d'avaler du poison".

Alors comment se fait-il que des personnes comme Britney, Eminem, Christina Aguilera et même Elmo et ses amis d'1 rue Sésame, auraient apparemment été utilisés sur des prisonniers non consentants de Guantanamo au cours d'interrogatoires ?

Eh bien...

...ils l'ont été avec le volume à fond, apparemment.

D'après un spécialiste de loi en matière de torture, les interrogatoires de Guantanamo utilisent souvent un transistor placé près de la cellule d'un prisonnier et envoyant à plein décibels de la musique entre musique d'ascenseur et concert de Nine Inch Nails.

Et oui, Nine Inch Nails fait partie de la liste des groupes utilisés par les interrogateurs, selon un rapport de 2008 du magazine Mother Jones. Il en serait de même de la chanson de Barney, de 1 Rue Sésame ainsi que de nombreuses chansons de rap. La chanson très patriotique de Neil Diamond, "America", aurait également été utilisée, ainsi que le classique du metal "Enter Sandman" de Metallica.

Une fois la chanson choisie, souvent par l'interrogateur lui-même ou par un soldat mettant en marche le transistor, la musique est jouée pendant des heures, ou d'après Jordan Sekulow, le Directeur des Opérations internationales pour le Centre américain de Droit et de justice, jusqu'à 72 heures non-stop.

La technique est destinée à épuiser le prisonnier en le convaincant que toute résistance est futile.

En isolement cellulaire, ajoute Sekulow, "le temps semble s'arrêter, et le fait d'entendre une chanson encore et encore peut vraiment vous affecter".

Surtout si la chanson en question vous insulte personnellement ou votre culture.

"Ils vous placent dans une pièce et vous passent une musique qui vous destabilise", déclare Jeff Addicott, directeur du Centre de Droit spécialisé dans le terrorisme à l'université St. Mary de San Antonio. "Si vous êtes un islamiste fondamentaliste, vous n'avez pas envie d'entendre des chansons patriotiques américaines, ça vous énerverait."

Il en serait à-priori de même avec une chanson à forte connotation sexuelle chantée par une Lolita comme Britney ou Christina, ou encore une chanson absurde pour enfants. Et si ça ne suffit pas, nous raconte James Hetfield, on vous fait "dormir avec un œil ouvert", ce qui est très désagréable.

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